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Acheter sa première maison en 2016 : est-ce le bon moment ?

Avec la baisse des prix des logements, des taux d’intérêt au plancher ou encore une promesse du gouvernement d’élargir l’accès au prêt à taux zéro, les conditions sont-elles, pour autant, réunies pour pouvoir acheter son premier logement ?

Jacky Chapelot, Président adjoint de la FNAIM, Géraldine Chalancon, Directrice générale de l’ANIL (agence nationale pour l’information sur le logement) et Anne Lambert, Sociologue, auteur de « Tous propriétaires ! L’envers du décor pavillonnaire », ont répondu au micro de France Inter sur cette question de l’accès à la propriété. Nous vous proposons un résumé de cette émission que vous pourrez retrouver à la fin de cet article.

Quel est le profil moyen des primo-accédants en 2015 ?

Primo-accédant : Personne physique ou ménage considéré comme accédant pour la première fois au statut de propriétaire.

Le profil moyen du primo-accédant en 2015 :

      Un peu moins de 35 ans
      Couple avec un enfant
      Gagne environ 3.500 euros / mois
      Apport de 40.000 euros pour un budget de plus de 200.000 euros
      Achat d’une maison ou d’un pavillon
      En zone périurbaine ou rurale et d’une surface de 69m2

Ce qu’il faut bien définir pour votre premier achat immobilier :

      1. Vos capacités financières
      2. Votre projet : est-il de courte ou de longue durée ?
      3. Vos envies, vos choix personnels
      4. Anticiper les dépenses (transport, taxe foncière, frais réels,…). A ce titre, Jacky Chapelot nous rappelle que les frais d’agence, qui la plupart du temps semblent élevés, doivent être évalués selon le service rendu. En effet, il faut ramener les frais d’agence à l’opération globale et garder en tête le montant des économies réalisées.
      5. La mensualité que l’on est prêt à dépenser. En moyenne, l’effort de remboursement d’un achat immobilier est estimé à 30% du salaire.

Plus de facilités pour son premier achat immobilier en 2016 ?

C’est en tout cas ce que laissent présumer les mesures gouvernementales. Parmi ces dernières, 4 points sont à retenir :

      1. Un assouplissement des conditions d’accès au prêt à taux 0
      2. Une majoration des montants de prêt
      3. Un différé pendant 5 ans des prêts à taux 0
      4. La possibilité d’obtenir un prêt à taux 0 sur de l’ancien (sous conditions de travaux)

Quelques précautions à prendre pour sa première acquisition

« Peut-on obtenir un prêt sans apport personnel ? »
Oui mais il faut garder en tête que les établissements financiers sont de plus en plus réticents à accorder des prêts sans apport personnel. La proportion de primo-accédants a ainsi baissé ces dernières années car ceux-ci ne bénéficient plus, ou moins, de ce coup de pouce de départ.

« Y’a-t-il d’autres alternatives pour financer mon projet d’acquisition ? »
Oui. Il existe d’autres prêts et aides pouvant vous aider à acheter votre premier logement. Parmi ces prêts :

      Le Prêt Accession Sociale (PAS) garanti par l’Etat
      Les prêts ou subventions de la part des collectivités locales
      Le prêt action logement avec l’aide de votre employeur
      Les aides comme l’Aide Personnalisée au Logement (APL),…
      Le programme Location Accession

Achat en zone rurale ou périurbaine : anticipez !

Il est difficile de concevoir un logement sans parler emploi. Et lorsque l’on se décide à acquérir son premier logement c’est souvent en zone rurale ou périurbaine. La sociologue Anne Lambert recommande alors de faire attention au revers.

En effet, pour la plupart, s’éloigner de la ville signifie également s’éloigner de son lieu de travail. Les primo-accédants se retrouvent ainsi face à des frais de transport conséquents et inattendus.

Cette conséquence se ressent davantage chez les femmes qui, dès l’arrivée des enfants ou quelques années après, progressivement arrêtent le travail salarié car trop loin et trop coûteux. L’habitat périurbain et rural devient alors un piège pour cette population.

Les conditions sont réunies pour acquérir son premier logement

Aujourd’hui, les démarches positives engagées pour permettre l’acquisition de son premier logement laissent envisager une hausse des opérations immobilières. Dans un contexte marqué par des taux historiquement bas, une baisse significative de l’immobilier et une plus grande solvabilité des acquéreurs, un retour à la hausse du marché immobilier chez les primo-accédants est prévisible. Les institutions politiques devront toutefois accompagner cette évolution en adaptant les structures sociales et économiques qui vont aujourd’hui à l’encontre des garanties nécessaires pour un accès à la propriété (statuts d’emploi de moins en moins stables, augmentation des horaires alternés,…). Il faut repenser le plein emploi en privilégiant parallèlement l’accès à la propriété pour garantir ainsi le devenir des primo-accédants.

Retrouvez l’émission complète de France Inter

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